En Belgique, les survivants du siège ont été félicités pour la libération de Leningrad des mains des nazis

Le jour de la libération complète de Leningrad du blocus nazi
En Belgique, les survivants du siège ont été félicités pour la libération de Leningrad des mains des nazis

À la veille du 27 janvier, jour de la libération totale de Leningrad du blocus nazi, les Volontaires de la Victoire félicitent les survivants du blocus.

En Belgique, les Volontaires de la Victoire ont rendu visite à Vera Alexandrovna Kovaleva et sa fille Tatyana qui vivent à Liège, en Belgique, et leur ont exprimé leur gratitude pour la contribution de leur famille lors de la défense de Leningrad.

Mots de remerciement :

La défense de la ville assiégée est un exemple légendaire de force et de courage qui a suscité l’émerveillement et l'admiration des contemporains ainsi que le respect de l'ennemi et qui restera à jamais dans la mémoire des générations.

Nous nous rappelons et honorons l'exploit de votre génération dans sa contribution à la Grande Victoire. Vous êtes un véritable exemple pour la société russe moderne. C’est avec une profonde et sincère gratitude que nous vous souhaitons bonne santé, prospérité et longue vie !

Vera Kovaleva est née à Leningrad le 27 août 1932.

L'histoire de Vera Alexandrovna :

Mon père travaillait comme ingénieur dans un chantier naval militaire et ma mère était institutrice maternelle. Je n'avais pas encore 9 ans lorsque la guerre a éclaté : la ville était sous blocus. Le terribles souvenirs de cette époque sont gravés dans ma mémoire pour l’éternité.

À l'arrivée de l'hiver, la ville était dépourvue d’eau et d’électricité, le système d'égouts ne fonctionnait pas. Il faisait terriblement froid. La ville était jonchée de cadavres... Mes parents travaillaient et moi, une fillette de 9 ans, je devais me rendre à la Neva pour aller chercher de l'eau, et pour ce faire, je devais enjamber les corps. Une fois, j’ai été attaquée par un homme « à moitié vivant » armé d’un couteau, mais j’ai réussi à m'échapper en lui jetant mon seau...

Chaque jour je faisais la queue dans un froid glacial afin d’avoir du pain et je rentrais chez moi en le cachant sur ma poitrine. On a plusieurs fois essayé de me le voler, mais j’ai toujours réussi à m'échapper.

Quand il a fait plus chaud, je me suis rendue avec mon petit frère au village situé à 20 kilomètres de la maison et où vivaient nos grands-parents maternels afin d’aller y chercher des pommes de terre et du lait. Un jour, alors que nous traversions la forêt tard dans la nuit pour rejoindre la ville, nous avons rencontré un loup : heureusement, celui-ci ne nous a pas attaqués, mais nous étions terrifiés.

Puis le froid d’automne est arrivé. Le blocus n’en finissait pas. Mon père est tombé très malade et mon petit frère aussi. Leurs mains et leurs pieds étaient enflés par la faim. Notre père ne pouvait plus travailler à l'usine. Ma mère a continué à travailler comme institutrice dans un jardin d'enfants. Pour ma part, je traversais quasiment tous les jours la ville entière pour me rendre à mon lieu de travail et ainsi rapporter de la nourriture à ma famille. Ensuite, l'hiver est arrivé et les choses ont empiré. Mon père ne pouvait déjà plus se tenir debout.

Au début du mois de mars 42, l’usine a été décidé d'envoyer ma famille sur le continent par la Route de la vie à travers le lac Ladoga. Ce voyage, je ne l'oublierai jamais. En raison des bombardements, les véhicules ne pouvaient pas stationner longtemps : il fallait monter dans la voiture en marche. Mon père a été le premier à monter et il m’a tendu la main, mais ma mère et mon petit frère n’en ont pas eu le temps et ont dû attendre la voiture suivante. Le véhicule roulait sur la glace dans un convoi de 5 voitures. Nous nous déplacions entre les trous dans la glace : à travers l'un d'eux nous avons aperçu les phares brûlants d'une voiture engloutie... Le conducteur se tenait sur le marchepied et conduisait entre les trous, de sorte qu'il aurait eu le temps de sauter de la voiture si elle en était venue à tomber à travers la glace. Avec mon père, ainsi que les autres passagers, nous rebondissions d'un côté à l'autre du véhicule. Les Allemands tiraient des coups de canon sans arrêt : un obus a d’ailleurs frappé l'une des voitures juste sous nos yeux. Dans la soirée, nous avons atteint le point de rassemblement de l'autre côté du lac, mais là, aucune trace de ma mère ni de mon petit frère. Mon père m’a laissé les valises et, à l’aide de ses béquilles, est allé les chercher dans d'autres points de rassemblement. Il y avait plusieurs endroits du même genre. Après plusieurs heures de recherche, il les a finalement trouvés dans une église abandonnée. Enfin, lorsque la famille a été rassemblée, nous avons été chargés dans des sortes de wagons sans d'étagères, avec seulement de la paille au sol, et envoyés à l'arrière. Quelques jours plus tard, nous avons atteint Saratov, où l'usine avait été déplacée.

À cette époque, Saratov n'était pas loin de la ligne de front. Mon père a continué à travailler à l'usine. La vie était très dure : on avait faim et froid. Mais le principal est que nous étions vivants et ensemble.

Après la guerre, ma famille est retournée à Leningrad.

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